La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire douloureux qui se caractérise par sa localisation préférentielle à la colonne vertébrale et aux articulations sacro-iliaques du bassin, avec un risque au cours de l'évolution de survenue d'un enraidissement progressif. Cette pathologie peut également atteindre les articulations périphériques (celles des membres inférieurs surtout) et d'autres organes comme la peau, l'oil ou l'appareil digestif le plus souvent.
La spondylarthrite débute par l'inflammation d'une structure anatomique bien particulière : l'enthèse. C'est en fait la zone où les tendons, les ligaments, les capsules s'insèrent sur l'os.
On distingue plusieurs parties dans cette enthèse, du corps musculaire à l'os :
la zone en continuité avec le corps musculaire, faite de fibres de collagène organisée en faisceaux parallèles ;
la zone qui lui fait suite, présente des fibres de collagène qui s'oriente de façon différente et des cellules du cartilage (les chondrocytes) font leur apparition ;
ensuite, ce tissu fibreux et cartilagineux va se calcifier;
pour se terminer par des travées osseuses.
Au cours de la spondylarthrite, une inflammation va se développer au sein de l'enthèse, créant une enthésite. Cette inflammation aiguë se produit au niveau de l'insertion sur l'os, puis va cicatriser en se fibrosant, et dans un dernier temps une ossification peut se produire et s'étendre ensuite vers le tendon ou le ligament. On parle alors d'entésophyte.
C'est ce phénomène que l'on va retrouver en particulier sur :
la colonne vertébrale, à l'endroit où s'attache le disque intervertébral sur les vertèbres ;
les articulations sacro-iliaques ;
l'insertion du tendon d'Achille.
Pour mesurer la fréquence d'une maladie dans une population, on définit l'incidence qui s'intéresse au nombre de nouveaux cas sur une période donnée (une année en général), et la prévalence qui est le nombre de cas à un instant donné, qu'ils soient nouveaux ou anciens
Il est difficile de se faire une idée exacte de la fréquence de la spondylarthrite en France, car les multiples aspects des spondylarthropathies au cours de leurs évolutions compliquent les choses.
En ce qui concerne l'incidence des spondylarthrites, on comprend donc qu'elle s'intéresse aux formes de début de cette pathologie. Or les signes sont très divers à ce stade, ce qui explique que ces études étant plus difficiles à mener, on trouve surtout des études de prévalence des spondylarthropathies.
En France, on dispose des résultats suivants : la prévalence des spondylarthropathies dans la population est estimée à 0,3% (soit aussi fréquent que celle de la polyarthrite rhumatoïde) et parmi ces spondylarthropathies, les spondylarthrites représenteraient la moitié des cas.
Le danger principal que représente la spondylarthrite sur le plan articulaire, est l'évolution possible vers l'ankylose. Toutefois, si l'on a abandonné aujourd'hui la dénomination de spondylarthrite ankylosante, c'est bien pour montrer que cette évolution est devenue rare du fait d'une meilleure prise en charge de cette pathologie et des traitements beaucoup plus efficaces.
Il faut toutefois comprendre que selon le degré de sévérité de cette pathologie, des répercussions sur le plan professionnel sont plus ou moins importantes. Elles peuvent amener à aménager les conditions de travail en aménageant le poste ou en réduisant la durée du travail.
Au cours de la spondylarthrite, il existe très certainement une participation de certains germes . Toutefois, la situation est différente de celle d'une infection « classique ». En effet, au cours de cette maladie, les germes sont à l'état « latent ». C' est à dire, qu'après une infection due à certains germes (comme les Chlamydiae, Yersiniae, Salmonellae, Shigellae et Campylobacter), ces bactéries vont persister dans des cellules à l'état « dormant », sans se faire remarquer par le système immunitaire de l'organisme. Cette persistance durable serait favorisée chez les personnes porteuses de l'antigène HLA B27.